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      Homélie du 23e dimanche ordinaire (C)

Homélie du 23e dimanche ordinaire (C)


Qui d’entre nous ne peut être bousculé par les paroles que nous venons d’entendre de la part de Jésus ? Cet appel au détachement de tous ces liens que nous avons avec les êtres aimés et aussi les choses, les biens que nous possédons suscite en nos cœurs quelques frémissements tant il n’est pas facile de se détacher complètement.
La traduction liturgique a d’ailleurs adouci le propos de Jésus quand elle dit « si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, etc. » alors que la traduction littérale est « si quelqu’un vient à moi sans haïr son père, sa mère, etc. ». Bien sûr, dans ce deuxième cas, il s’agit d’un hébraïsme, c’est-à-dire d’une expression typique de la façon de penser hébraïque. Jésus ne demande pas la haine mais le détachement complet et immédiat. La violence du propos est au service du message qui s’en trouve accentué. Et le message ici en l’occurrence est le renoncement à tout ce qu’on a de cher pour suivre le Christ.
Il est important de souligner que le renoncement proposé par le Christ est en fait un choix de sa personne. Jésus ne nous demande pas de vivre un désert mais d’être rempli de sa personne. Car, à bien considérer, le Christ n’est pas le seul à proposer un détachement complet. On pourrait dire que le bouddhisme se fonde sur ce détachement total. Sauf que dans le bouddhisme, il s’agit d’éteindre toute passion, tout lien afin de pouvoir échapper à la souffrance provoquée par les inévitables arrachements qui s’opèrent dans l’existence. Ici, avec le Christ, il s’agit d’un détachement qui est de l’ordre d’une plus grande disposition au Christ, qui est de l’ordre du choix.
La place de ce texte dans l’évangile de Luc est par ailleurs éclairante. Il se situe après le repas chez un chef des pharisiens durant lequel Jésus va parler sur le choix des places, sur le choix des invités mais aussi va donner une parabole sur un homme qui va donner un diner festif et qui verra ses invités décliner l’invitation prétextant telle ou telle chose. En réponse de quoi, l’homme va étendre son invitation aux pauvres et aux nécessiteux. Et après le texte d’aujourd’hui s’ouvre le chapitre 15 de Luc , celui des trois paraboles de la miséricorde c’est-à-dire la brebis perdue, la drachme perdue et le fils prodigue.
En fait, en nous montrant l’exigence de la suite du Christ, le Seigneur nous montre également l’étendue de sa miséricorde. Au fond, c’est l’amour du Seigneur qui fera le reste en nous. Si nous ne laissons pas cet amour se déverser en nos cœurs comme un torrent qui emporte tout, nous ne pourrons nous mettre en route avec Jésus.
L’appel du Christ aujourd’hui vise à nous réveiller. Car il faut bien le reconnaître, nous vivons dans un monde bien matérialiste et égocentrique. Sous couvert d’une certaine liberté on vit paradoxalement des esclavages. Par exemple, la liberté de passer des coups de fil où et quand on veut a généré dans bien des cas un asservissement avéré au téléphone portable. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Que dire de l’addiction à la télé, à internet ? Ou encore aux différents cercles auxquels on appartient.
En définitive, le Christ nous appelle à vivre des renoncements pour grandir en liberté – devrais dire en vraie liberté. Le choisir, le préférer conduit à cette liberté recherchée. La clé pour cela est de laisser grandir en nous l’être sauvé par le §Christ. Nous sommes tellement polarisés sur nos pauvres existences avec leur lot de tracas et de soucis que nous oublions la chose la plus importante : nous avons été racheté par le Seigneur Jésus. St Paul va même jusqu’à dire que dès lors que nous avons été baptisés, nous ne nous appartenons plus, nous appartenons au Christ. Pas étonnant que de son côté il nous demande la meilleure part.
Alors, prenons le temps de réfléchir, comme il nous y invite. Laisserons-nous au Christ la plus belle part de nous même ou lui laisserons-nous ce qui restera lorsque le loyer sera payé, le frigo rempli, la voiture astiquée, les copains visités, le feuilleton regardé, etc, etc ? Le Christ ne nous demande pas le reste de notre vie mais tout notre être. C’est ce qui fait la beauté de la chose : l’amour du Christ nous pend vraiment au sérieux.

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