Paroisse Sainte-Rose de Lima
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      Homélie du 24e dimanche ordinaire (C)

Homélie du 24e dimanche ordinaire (C)


Frères et sœurs,
Les trois paraboles de la miséricorde que nous venons d’entendre sont provoquées par une remarque des pharisiens et scribes : « cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ». Cette remarque est révélatrice du regard dépréciateur que les pharisiens et scribes portent à ces publicains et pécheurs qui venaient écouter Jésus. Rappelons que le mot pharisien signifie en hébreu « séparé ». Le pharisien veut éviter tout mélange païen dans sa vie pour n’observer que les commandements de Dieu. Ce mouvement spirituel est né au IIe siècle avant JC en réaction à la vague d’hellénisation qui faisait que la Tradition des Pères se trouvait noyée au milieu de pratiques étrangères et donc païennes. Si l’intention était noble, il s’est développé une si haute estime de la pratique religieuse qu’elle généra un mépris pour ceux qui s’écartaient de la voie du Seigneur. Cette réaction contraste avec celle de Jésus qui faisait bon accueil aux pécheurs.
Par les trois paraboles – histoires dont raffolent les pharisiens – Jésus va faire entrevoir la logique de Dieu qui n’est pas celle des hommes.
La première parabole, celle de la brebis perdue, bien que courte, est riche d’enseignement. Elle nous laisse entrevoir que pour Dieu l’individu compte autant que le groupe. Il s’agit d’une logique divine qui bât en brèche la nôtre. La logique humaine s’accommode très bien de l’idée de sacrifier un individu au profit du groupe. Une logique qui intègre la notion de pertes acceptables, de dommages collatéraux, etc. Cette courte parabole nous donne accès à la perspective divine : pour nous sauver, le Seigneur n’a de cesse de nous chercher. Si l’on parle de brebis perdue ou égarée, il faut aussi parler de ce berger qui part en quête de sa brebis. Les premières pages de la Bible nous le suggèrent, quand on voit qu’aussitôt après la chute de nos premiers parents, Dieu se met en quête de l’homme en disant « où es-tu ? » Question qui trouve son écho dans l’histoire avec le « Me voici »des prophètes, avec le « voici la servante du Seigneur » de Marie, avec le « Voici » du Fils qu’il prononce, si l’on se réfère à l’épitre aux Hébreux (10, 5-7) : « en entrant dans le monde, le Christ dit : tu n’as voulu ni sacrifice ni oblation ; mais tu m’as façonné un corps…alors, j’ai dit : Voici, je viens ». Toutefois, cette parabole de la brebis perdue se termine avec la joie. Une joie qui ne peut être que partage. On parle de joie plutôt que de satisfaction. Souvent, nous tombons dans le travers de vouloir satisfaire notre Dieu plutôt que de faire sa joie. Quelle belle façon de faire sa joie que de se laisser trouver par lui !
La deuxième parabole semble similaire à la première. Mais elle insiste sur la joie partagée avec les amies. Pourquoi ? Parce que faire venir ses amies pour qu’elles se réjouissent avec vous du fait que vous avez trouvé une pièce d’argent que vous aviez perdue est le signe que vous ne prêtez pas de mauvais sentiments (par exemple celui de la jalousie) à ces amies. La réaction de la femme de la parabole présuppose une très grande confiance ou même connivence avec ses amies. C’est encore la perspective divine. Combien de fois le Seigneur nous donne-t-il des frères et sœurs touchés par sa grâce ? Nous avons à partager la joie du Seigneur devant la conversion des autres.
Nous retrouvons de ces enseignements dans la troisième parabole, celle du fils prodigue. Mais cette belle histoire racontée par Jésus nous donne à comprendre que la miséricorde de Dieu s’exprime aussi dans la patience de Dieu à l’égard des pécheurs. Patience qui commence avec l’accueil de la liberté de l’autre. Patience qui commence par la douleur de la séparation. Patience qui reste à veiller sur le bord du chemin. Autant les deux paraboles précédentes suggéraient l’action de Dieu qui nous cherche, autant celle-ci nous montre sa capacité d’accueil et de pardon. Mais là encore, il y a le partage de la joie du Maître.
Si Jésus était bel et bien critiqué par les pharisiens et scribes pour son accueil des pécheurs, il leur montre justement que sur cette terre il est sorti à la recherche des brebis perdues, qu’il n’a de cesse de passer partout et qu’il reçoit le retour des fils égarés. A eux de partager la joie réelle du Maître. C’est ainsi qu’il ne pourront s’égarer.

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