Paroisse Sainte-Rose de Lima
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Homélie du Jeudi Saint (2012)


Nous voici réunis pour célébrer l’eucharistie en ce jour particulier qu’est le jeudi saint où l’on fait précisément mémoire de l’institution de l’eucharistie. Nous faisons mémoire de la Sainte Cène, c’est-à-dire du dernier repas que Jésus prit avec ses apôtres, repas au cours duquel il invente, si l’on peut dire, l’eucharistie. Mais nous fêtons plus qu’un repas, nous fêtons aussi l’amour qui se donne.

Tout d’abord, méditons sur le repas. Ce qui est au cœur de notre fête est un acte finalement banal vu sous un angle externe : l’acte de se restaurer avec des mets qui n’ont rien d’exceptionnels n’est pas extraordinaire en soi. C’est donc du côté de la signification, ou si vous préférez, du symbole qu’il faut chercher ce qui est célébré aujourd’hui.

Nous avons commencé par entendre le passage du livre de l’Exode où Dieu donne ses instructions pour que le peuple hébreu prenne un repas avant qu’il se mette en route vers la liberté. Un agneau sans tâche ni défaut sera immolé au coucher du soleil. On marquera les linteaux de la porte de la maison avec son sang. On consommera sa chair alors qu’on sera rassemblé en maisonnée. Alors, l’Ange du Seigneur passera frapper tous les endroits où il n’y a pas le sang de l’agneau sur les montants des portes. Et le peuple pourra partir. Osons faire le parallèle : en Eden, l’homme avait mangé le fruit défendu et avait été chassé du Jardin. En Egypte, le peuple hébreu mange un agneau immolé et il est chassé de sa terre de servitude. Ces repas inaugurent un changement décisif sauf que dans le deuxième, il s’agit d’une libération et d’une œuvre de Dieu.

Nous comprenons mieux alors que l’eucharistie est elle aussi un repas qui inaugure un changement décisif. Elle est le point d’entrée dans la Passion pour Jésus : n’est-ce pas au cours du repas que Judas va partir pour trahir Jésus ? Mais elle est aussi un point d’entrée pour nous dans la vie de Dieu. Parce que nous y célébrons le sacrifice de l’Agneau Immolé, Jésus, sacrifice qui nous réconcilie avec Dieu et nous donne d’entrer en communion avec lui. Parce que Jésus nous dit « qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6,54). C’est le repas qui inaugure pour nous la vie éternelle. Et là, ce plus Adam qui mange, c’est le Nouvel Adam qui se donne à manger.

Nous parlions de symbole tout-à-l’heure, en tout cas évitons de parler de magie. Si l’eucharistie opère un changement profond en nous, elle ne supprime pas comme par magie tous nos défauts. Pour illustrer, les apôtres après avoir reçu pour la première fois la communion des mains du Christ, plus tard vont l’abandonner. Pierre ira même jusqu’à le renier trois fois. De même, nous aussi nous sommes capables de faillir. Nous aurons donc besoin d’entretenir cette vie divine en nous par l’amour qui se donne.

D’où le deuxième axe de cette fête : l’amour qui se donne.

L’Amour avec un grand A se donne. « Voici mon corps livré pour vous », « voici mon sang versé pour vous ». Le don est dans le sacrifice de sa personne. Mais il l’est aussi dans le lavement des pieds. L’Amour se donne dans le service, dans l’humilité. “Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.” (Jean 13, 12- 15). Nous sommes invités par Jésus à faire comme lui. La transformation attendue dans l’eucharistie est une transformation du cœur qui doit aimer en acte, en acceptant de servir, en acceptant d’être humble.

Alors, frères et sœurs, entrons dans ce mouvement d’amour qui se donne. Laissons retentir le commandement nouveau que le Seigneur nous donne en ce jour : « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Entrons dans ce mystère pascal qui certes débute par la Passion mais se prolonge avec la Résurrection, puis l’Ascension pour aboutir à la Pentecôte. Et pour cela, nourris de l’eucharistie, suivons Jésus à Gethsémani ; accompagnons-le dans son chemin de croix et souffrons avec lui sa Passion. Ainsi la joie du Ressuscité nous transportera dans un monde nouveau où nous serons libérés de la mort et du péché.

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