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      Synthèse du questionnaire de carême

Synthèse du questionnaire de carême


Aller au désert avec Jésus.

Le 1er dimanche de carême est toujours l’occasion de méditer sur le récit des tentations au désert. Cette année nous lisons cet épisode dans l’évangile selon Saint Matthieu (Mt 4,1-11). Il s’ouvre avec la mention du Jésus qui est poussé par l’Esprit-Saint après le baptême au Jourdain dans le désert.

La réflexion de carême de notre diocèse s’appuie sur un questionnaire hebdomadaire s’inspirant des textes lus le dimanche. Le thème général porte sur les sacrements.

Le questionnaire commence par nous interpeller sur le sens du désert. Le désert est généralement une étendue aride où pousse très peu de végétation. On n’y trouve pas facilement de quoi se désaltérer ni de quoi se sustenter à volonté. Le désert est aussi un lieu marqué par le silence, et où l’on fait l’expérience de la solitude. Si dans un premier temps l’image du désert est plutôt angoissante dans la mesure où il s’agit d’un lieu plus ou moins hostile de par les conditions environnantes, il n’en demeure pas moins que le désert est aussi un lieu où l’on peut faire l’expérience de l’absolu. En effet, la nuit, le désert permet d’observer un ciel dès plus étoilé qui ouvre à la contemplation. En outre, le silence qui y règne est propice à la Rencontre intérieure.

Or, nous pouvons faire cette remarque : si Jésus se retrouve au désert c’est qu’il y a été poussé par l’Esprit. Il vit depuis son baptême au Jourdain une profonde union trinitaire qui sans aucun doute est dès plus merveilleuse. L’union intime avec le Père et l’Esprit est de l’ordre de l’extase. Une joie qui alors fait tout oublier. On peut supposer en conséquence que ces quarante jours au désert étaient en fait des jours vécus dans une béatitude qui occultait tout manque, toute carence, toute peine. Et c’est au sortir de ce temps de béatitude qui dura quarante jours que Jésus ressentit la faim.

Ainsi l’expression qui veut que nous allions au désert avec Jésus vise deux dimensions : la première, la plus évidente, consiste à se couper du monde, du bruit, des distractions afin d’être mieux à l’écoute de Dieu et de soi-même ; la seconde, plus profonde, consiste à se consacrer joyeusement à la rencontre du Christ, rencontre qui ne doit pas nous laisser indifférent mais au contraire heureux, savourant cette présence, cette communion. Aller au désert avec Jésus, c’est apprendre à se laisser pousser par l’Esprit à vivre une plus grande intimité avec Dieu.

Parallèlement, le fait que l’Esprit pousse Jésus au désert peut être mis en lien avec les origines. Dans le livre de la genèse au chapitre 2 nous avons le second récit de la création qui stipule que Dieu crée la terre dans un premier temps sans végétation. C’est alors qu’il modèle l’homme avec de la glaise et lui insuffle une haleine de vie (souffle de vie). Puis, il le place dans le jardin d’Eden. Or, en termes symboliques, Jésus accomplit le trajet inverse. Recevant l’Esprit Saint au baptême dans les eaux du Jourdain, il est poussé dans le désert par l’Esprit. On pourrait croire que d’une certaine façon Jésus revient aux origines : il est vraiment le nouvel Adam. Normal dans ces conditions que la première tentation porte comme avec nos premiers parents sur la nourriture ou plutôt le manger.

On comprend alors pourquoi Jésus, face aux tentations, vise à réaffirmer très fortement son humanité. Le tentateur lui propose d’échapper à la condition humaine en accomplissant un certain nombre d’actes prodigieux : d’abord la satisfaction immédiate d’un besoin légitime comme celui de manger pour prendre des forces ; ensuite accomplir des prodiges garantis par la Parole de Dieu ; enfin, vivre un tel abaissement allant jusqu’à se prosterner devant Satan, garantissant une immédiate possession du monde. Jésus sait qu’être homme c’est aussi accepter la distance entre le ressenti d’un besoin et son accomplissement. Le prix de l’éternité passe par le temps assumé.
Finalement, n’est-ce pas un peu cela notre désert : accepter que le temps se fasse durée afin de pouvoir entrer un jour dans l’éternité.

P. Christian Catayée

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